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Les activités industrielles

Mines et énergie: Le Maroc possède les trois quarts des réserves mondiales de phosphates, évaluées à 80 milliards de tonnes et l'Office Chérifien des Phosphates (OCP) est la première entreprise marocaine (28 000 salariés, 30% de l'ensemble des exportations marocaines et plus de 3% du PIB).

La production se situe chaque année autour de 20 millions de tonnes. Plus de la moitié est exportée à l'état brut, principalement vers l'Europe occidentale ; le reste est traité sur place pour donner des engrais, de l'acide phosphorique ou d'autres produits à forte valeur ajoutée qui sont également pour l'essentiel exportés. Un important complexe phosphatier a été créé à Jorf Lasfar, au sud d'El Jadida. L'OCP prépare et équipe de nouveaux gisements, sur la zone de Khouribga à Sidi Chenane, pour remplacer le site de Sidi Daoui.

Le Maroc doit faire face à une concurrence très forte sur le marché des phosphates de la part des Etats-Unis (Floride), du Togo, du Sénégal et de la Jordanie.

Quelques autres mines, exploitées surtout par des sociétés privées, produisent du fer, du cuivre, du zinc, du plomb, du manganèse, du fluor et également de l'or et de l'argent. Elles se situent principalement dans le Haut-Atlas et dans l'Oriental (Beni Snassen). L'Etat intervient dans la recherche et la production minière par l'intermédiaire du Bureau de Recherches et de Participations Minières (BRPM).

Malgré un développement des centrales hydroélectriques, thermiques Jorf Lasfar, Mohammédia) et éoliennes, le Maroc doit importer la quasi-totalité de son énergie primaire, la production locale ne couvrant en 1999 que 10% de la consommation.

Production industrielle: Le secteur secondaire, mines, énergie, industries manufacturières et BTP représentait 32% du PIB en 1999. Les principales activités industrielles concernent la transformation des phosphates, le raffinage du pétrole et les cimenteries. Mais les industries de transformation se dispersent en une multitude de branches. Les plus nombreuses sont tournées vers les productions destinées à la consommation, soit de produits non durables comme les industries alimentaires (conserveries, minoteries artisanales et industrielles, huileries, raffineries de sucre), soit de produits semi-durables:industries textiles, confection, cuir, chaussures, ou enfin de produits durables comme les industries de l'électroménager, électronique, assemblage de véhicules automobiles, etc. Ce secteur est confronté depuis 2000 à l'ouverture des frontières liée à la signature de l'accord de libre échange avec l'Union Européenne et devrait entraîner une remise à niveau des PME/PMI marocaines.

L'importance de ce secteur se reflète dans ses effectifs qui comptent plus de 1,3 millions de personnes en milieu urbain. Il faut cependant tenir compte du faible rendement de ce secteur où le travail manuel reste prédominant. L'artisan compte plus sur son habileté manuelle que sur le concours de moyens de production plus performants, cette habileté étant le fruit d'un art et d'une tradition très ancrée dans l'histoire du pays.

A cet égard, l'artisanat est remarquable par la diversité de ses créations et des matériaux utilisés : bois, argent, fer, cuivre, cuir, terre, produits végétaux, laine. La production des tapis, dont une grande part est destinée à l'exportation, occupe une place prépondérante dans la production artisanale.

Une faible productivité, une valeur ajoutée locale assez faible, peu de rapports d'un secteur à l'autre, sont quelques-uns des handicaps du secteur industriel marocain. Les productions étroitement liées au marché, intérieur et extérieur, sont aussi très fluctuantes.

L'axe industriel Casablanca-Kénitra: à l'exception de quelques centres dont le développement industriel est important (Fès et Tanger où domine le textile, Marrakech, Safi et Agadir), le littoral atlantique, de Kénitra à Casablanca, est le pôle essentiel des installations industrielles.

Cet axe Kénitra-Casablanca dispose d'abord d'importantes structures portuaires ouvrant le Maroc sur l'extérieur, à Casablanca d'abord mais aussi à Kénitra et à Mohammédia.

Le réseau routier et le réseau ferroviaire se concentrent également principalement dans la même région mais un effort important de développement a été engagé pour désenclaver certaines régions du Maroc, en particulier le Nord.

Cet axe concentre près de trois quarts des emplois industriels, essentiellement autour des industries de consommation : près de 50% des emplois concernent des industries alimentaires et textiles nécessitant généralement une maind'oeuvre nombreuse, peu qualifiée et des moyens techniques peu développés. En revanche, les industries pouvant entraîner le développement d'autres secteurs (industries mécaniques, métallurgiques, électriques, chimie, énergie) sont plus faiblement représentées et cette répartition reflète la situation générale de l'industrie marocaine.

A l'exception de quelques importantes unités industrielles occupant plus de 200 salariés, près de la moitié des entreprises marocaines ont moins de 50 ouvriers. Si l'Etat a réalisé en effet quelques grands ensembles (pétrochimie, raffinage de pétrole), les investisseurs privés préfèrent de petites unités moins coûteuses et de rentabilité immédiate: textile (sous-traitance), tapis, industries alimentaires.